06/05/2019                      

                                       

Le cinquième centenaire de la disparition de Léonard de Vinci, survenue le 2 mai 1519 au manoir du Clos Lucé, fait ressurgir tous les mystères qui nimbent sa vie et son œuvre. Ainsi deux médecins italiens, le chirurgien plasticien Davide Lazzeri et le neurologue Carlo Rossi viennent de publier une nouvelle étude - la thèse n’est pas inédite -, dans le Journal of the Royal Society of Medecine, dans laquelle ils reviennent sur l’hypothèse d’une parésie de la main droite du maître, qui l’aurait touché à la fin de sa vie. 

Selon ces deux chercheurs, Léonard aurait été frappé par une lésion nerveuse (paralysie ulnaire ou cubitale) handicapante, qui lui aurait interdit de tenir sa palette de la main droite. L’hypothèse d’une incapacité partielle du maître Toscan est loin d’être inédite. Au XVIe siècle déjà,Antonio de Beatis, secrétaire du cardinal Louis d’Aragon, dans les récits de ses voyages, l’avait suggérée: «En raison d’une paralysie de la main droite, on ne peut plus attendre de lui des chefs-d’œuvre. Il a formé un disciple milanais, Francesco Melzi, qui travaille très bien. Car si maître Léonard n’est plus capable de peindre avec la délicatesse qui fut la sienne, il continue toutefois à dessiner et à enseigner.»

 

Les deux médecins sont parvenus à cette conclusion grâce à l’étude d’un portrait de Léonard de Vinci, attribué à un artiste lombard du XVIe siècle, Giovanni Ambrogio Figino. Une thèse qui diffère de l’explication la plus souvent avancée, et qui attribue cette paralysie de la main droite aux séquelles d’un accident vasculaire cérébral. D’autres évoquent aussi la maladie de Dupuytren, une affection qui provoque une contraction des doigts et une déformation de la main.

Cette sanguine montre le génie de trois-quart. Son bras droit est enveloppé par son vêtement (comme s’il était en écharpe), dont sa main droite émerge, les doigts en partie contractés et dirigés vers le haut. Pour le professeur Lazzeri, cité dans un résumé de l’étude, «plutôt que de dépeindre un poing fermé, typique d’une spasticité musculaire consécutive à un accident vasculaire cérébral, ce portrait suggère un diagnostic alternatif tel qu’une paralysie cubitale, communément appelée «main en griffe».

«Cette paralysie du nerf cubital serait la conséquence d’un évanouissement (ou syncope), qui aurait provoqué un traumatisme dans la partie supérieure de son bras droit», avance le médecin spécialisé dans la chirurgie réparatrice et esthétique. Pour les deux médecins, si la mort de Léonard de Vinci pourrait bien avoir été provoquée par un incident cardiovasculaire, son handicap manuel ne s’est accompagné ni d’un déclin cognitif, ni d’autres troubles moteurs, ce qui affaiblit la thèse d’un AVC. Et selon le professeur Lazzeri, «cela pourrait donc expliquer pourquoi il a laissé de nombreux tableaux inachevés, dont La Joconde, durant les cinq dernières années de sa carrière, tout en continuant à enseigner et à dessiner».

Un «Léonard-Démocrite» essuyant ses larmes

L’intérêt porté au dessin de Giovan Ambrogio Figino est loin d’être nouveau. Le grand spécialiste italien de la geste vincienne, feu le professeur Carlo Pedretti (1928-2018), avait eu une tout autre interprétation de l’œuvre en 2002. «...Le mouvement de la main qui tient le mouchoir s’explique bien en liaison avec le tableau Martinez, où il est justifié par l’acte de Démocrite en train d’essuyer ses larmes», expliquait-il.

                 

La controverse, comme toujours avec Léonard, ne finira certainement jamais. Une autre étude, réalisée par des chercheurs du Musée des offices de Florence publiée il y a un mois, a confirmé que le divin peintre avait été capable d’écrire, de dessiner et de peindre aussi bien de la main gauche que de la main droite, en se basant sur une analyse de son œuvre la plus ancienne. Et il est avéré, qu’il dessina encore au Manoir de Cloux. Et c’est là, à un vol d’oiseau du château royal d’Amboise, qu’il retravailla le visage et le drapé bleu sur la gauche de Sainte Anne... Un autre de ses immortels chefs-d’œuvre.


https://www.youtube.com/embed/JO03Im3anS8





The fifth centenary of Leonardo da Vinci's death, which occurred on May 2, 1519 at the Clos Lucé manor house, brings to the fore all the mysteries that mark his life and work. Thus two Italian doctors, the plastic surgeon Davide Lazzeri and the neurologist Carlo Rossi have just published a new study - the thesis is not new - in the Journal of the Royal Society of Medicine, in which they return to the hypothesis of a paresis of the master's right hand, which would have affected him at the end of his life.

According to these two researchers, Leonard was struck by a disabling nerve damage (ulnar or ulnar paralysis), which prevented him from holding his palette with his right hand. The hypothesis of a partial incapacity of the Tuscan Master is far from new. As early as the 16th century, Antonio de Beatis, secretary of Cardinal Louis of Aragon, in his accounts of his travels, had suggested it: "Because of a paralysis of the right hand, we can no longer expect masterpieces from him. He trained a Milanese disciple, Francesco Melzi, who works very well. For if Master Leonard is no longer able to paint with the delicacy that was his, he nevertheless continues to draw and teach."



The two doctors reached this conclusion through the study of a portrait of Leonardo da Vinci, attributed to a 16th century Lombard artist, Giovanni Ambrogio Figino. A thesis that differs from the explanation most often put forward, and that attributes this paralysis of the right hand to the aftermath of a stroke. Others also mention Dupuytren's disease, a condition that causes a contraction of the fingers and a deformation of the hand.

This sanguine shows the genius of three-quarters. His right arm is wrapped in his clothing (as if he were in a scarf), from which his right hand emerges, his fingers partly contracted and pointing upwards. For Professor Lazzeri, quoted in a summary of the study, "rather than depicting a closed fist, typical of muscle spasticity following a stroke, this portrait suggests an alternative diagnosis such as ulnar paralysis, commonly called "claw hand".

"This paralysis of the ulnar nerve would be the result of a fainting (or syncope), which would have caused a trauma in the upper part of his right arm," says the doctor specializing in reconstructive and cosmetic surgery. For both doctors, while Leonardo da Vinci's death may well have been caused by a cardiovascular incident, his manual disability was not accompanied by cognitive decline or other motor disorders, weakening the theory of a stroke. And according to Professor Lazzeri, "this could explain why he left many paintings, including The Mona Lisa, unfinished during the last five years of his career, while continuing to teach and draw".
A "Leonardo Democritus" wiping his tears

The interest in Giovan Ambrogio Figino's drawing is not new. The great Italian specialist in vincian gesture, the late Professor Carlo Pedretti (1928-2018), had a completely different interpretation of the work in 2002. "...The movement of the hand holding the handkerchief is well explained in connection with the Martinez painting, where it is justified by Democritus' act of wiping away his tears," he explained.



The controversy, as always with Leonard, will certainly never end. Another study, carried out by researchers at the Florence Office Museum published a month ago, confirmed that the divine painter had been able to write, draw and paint with both his left and right hands, based on an analysis of his oldest work. And it is a fact that he still drew at the Manoir de Cloux. And it was there, a bird's flight from the royal castle of Amboise, that he reworked the face and the blue drape on the left of Sainte Anne.... Another of his immortal masterpieces.


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