

Le Prix Nobel de physiologie et médecine 2003 a été attribué à Paul Lauterbur et Peter Mansfield, "pour leurs découvertes concernant l'imagerie par résonance magnétique".
Alors que depuis plusieurs années les prix Nobel étaient décernés à des scientifiques dont les travaux avaient certes eu des applications en médecine, mais étaient des recherches à caractère fondamental, cette année ce sont des découvertes à but plus directement médical qui sont honorées, notent les observateurs. Malgré cela, ce ne sont pas des médecins, mais un chimiste et un physicien qui sont primés.
Les deux chercheurs "ont fait des découvertes décisives sur les possibilités d'utiliser la résonance magnétique pour visualiser diverses structures. Ces découvertes ont abouti à la caméra magnétique moderne, la tomographie par résonance magnétique", indique l'Académie Nobel dans son communiqué d'annonce lundi.
Des travaux sur la résonance magnétique nucléaire ont déjà fait l'objet de Prix Nobel, l'un en physique en 1952 pour les découvertes sur la réaction des noyaux soumis à un champ magnétique, et deux en chimie en 1991 puis 2002 pour des travaux sur la spectroscopie par résonance nucléaire.
Les travaux de Paul Lauterbur et Peter Mansfield qui leur valent d'obtenir le Nobel de physiologie et médecine ont été menés au début des années 1970.
Paul Lauterbur a découvert la possibilité d'obtenir des images en deux dimensions en "faisant intervenir des gradients qui modifient l'intensité du champ magnétique" et en "analysant les caractéristiques de l'onde renvoyée pour localiser avec précision son point d'origine".
"C'est ce qui a permis de générer des images bidimensionnelles de structures qu'il était impossible de distinguer par d'autres technologies".
Peter Mansfield a affiné l'utilisation des gradients de champ magnétique. "Il a établi les modalités du traitement mathématique et de l'analyse par ordinateur des signaux, permettant de mettre au point une technique d'imagerie utilisable. Il a également montré que l'acquisition de l'image pouvait être extrêmement rapide".
L'Académie Nobel rappelle que "chaque année plus de 60 millions d'examens d'IRM sont effectués dans le monde" et que "la technologie continue à se développer rapidement", étant notamment "supérieure dans bien des cas aux autres techniques d'imagerie".
Elle a l'avantage de ne pas utiliser des rayonnements ionisants, contrairement à la radiologie classique et au scanner, et peut dans certains cas remplacer des examens invasifs, par exemple pour visualiser le pancréas ou les voies biliaires ou en alternative à l'arthroscopie. Elle est utilisée pour visualiser tous les organes de l'organisme, notamment pour l'examen des pathologies cérébrales et spinales, comme outil préopératoire et pour le diagnostic des cancers.
Agé de 74 ans, Paul Lauterbur est américain. Docteur en chimie, il a fait sa carrière à l'Université de Stony Brook (New York) puis à l'Université de l'Illinois à Chicago et enfin dans la même Université mais à Urbana. Il a déjà reçu de nombreux prix, dont le Prix Lasker en 1984.
Agé de 70 ans, Sir Peter Mansfield est britannique. Docteur en physique, il a fait la majeure partie de sa carrière à l'Université de Nottingham dans le département de physique. Il a également reçu différents prix et médailles dans le domaine de la radiologie.